Yom HaShoah 5779


Si vous souhaitez participer à la lecture des noms, contactez-nous à l'adresse yomhashoah@mjlf.org


Sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron,
Président de la République française

Sous l'égide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah


Chaque année, en Israël et partout dans le monde, un hommage est rendu lors de Yom HaShoah aux 6 millions de Juifs morts durant la Seconde Guerre mondiale, victimes des nazis et de leurs collaborateurs. À cette occasion le Mémorial de la Shoah, le Mouvement Juif Libéral de France (MJLF), l'association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France (FFDJF) et le Consistoire de Paris, organisent, sous l'égide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la lecture des noms des déportés juifs de France et une série de manifestations commémoratives et éducatives.

Mercredi 1er mai

• 15h30 : Lecture du Séfer HaShoah de Pierre Haïat à Beaugrenelle
• 16h30 : Office à Beaugrenelle
• 17h45 : Départ des cars mis à la disposition de ceux qui le souhaitent pour aller du MJLF au Mémorial de la Shoah
• 19h au Mémorial de la Shoah : Cérémonie officielle d'ouverture de la commémoration de la lecture des noms
Allumage des six bougies du Souvenir par d'anciens déportés et des enfants,
Lecture par des enfants et des personnalités politiques, diplomatiques, religieuses et associatives des noms des Juifs de France déportés par le convoi n°21.
• 20h45 : Fin de la cérémonie officielle. Accès libre au Mémorial


La lecture des noms des Juifs de France déportés par les convois n° 22 à 57 se poursuivra sans interruption, de jour comme de nuit, jusqu'au lendemain soir vers 18h45.

Pour télécharger le planning des horaires de lecture des convois, suivez ce lien.


Jeudi 2 mai

• 16h30 : Lecture du Séfer HaShoah au Mémorial de la Shoah
• 18h45 environ : Kaddish final prononcé par TOUS les rabbins au Mémorial de la Shoah
• 19h30 : Office du Consistoire de Paris à la Synagogue des Tournelles



Lieux

• MJLF Beaugrenelle : 11, rue Gaston de Caillavet - Paris 15e
• Mémorial de la Shoah : 17, rue Geoffroy l'Asnier - Paris 4e



La Shoah « par anticipation » *


Il est, dans la littérature, des textes qui semblent, étrangement, évoquer la Shoah, alors qu'ils ont été écrits bien avant qu'elle ait eu lieu. Comme si, de façon paradoxale, le futur venait à rebours influencer le passé !
Ainsi, ces vers de la Divine Comédie, de Dante : « Vous qui entrez, laissez toute espérance. / Ces paroles de couleur sombre, / je les vis écrites au-dessus d'une porte (…) / Les pleurs, soupirs et hautes plaintes / résonnaient dans l'air sans étoiles. / Diverses langues, et horribles jargons, / mots de douleur, accent de rage, / voix fortes, rauques, bruits de mains avec elles, / faisaient un fracas tournoyant / toujours, dans cet air éternellement sombre… »
Ou bien ceux de Victor Hugo : « La fosse, plaie au flanc de la terre, est ouverte, / Et béante, elle fait frissonner l'herbe verte (… ) / Oh ! qui que vous soyez, qui passez dans ces ombres, / Versez votre pitié sur ces douleurs sans fond ! / Dans ce gouffre, où l'abîme en l'abîme se fond, / Se tordent les forfaits, transformés en supplices, / L'effroi, le deuil, le mal, les ténèbres complices (…) / Oh ! qui que vous soyez, pleurez sur ces misères… »
Ou encore ceux d'Émile Verhaeren : « Les trains, voici les trains qui vont broyant les ponts, / Les trains qui vont battant le rail et la ferraille (…) / Des quais sonnent aux chocs de lourds fourgons ; / Des tombeaux grincent comme des gonds… »

Les premiers vers cités, ci-avant, sont une évocation de l'enfer tel que Dante a pu l'imaginer ; ceux de Hugo décrivent la tombe, et ceux de Verhaeren, l'effroi suscité par l'apparition des locomotives, gigantesques machines d'acier et de feu envahies par leur propre vacarme.
Aussi, ni les thèmes qui sont abordés dans ces textes, ni l'époque de leur composition n'ont un quelconque rapport avec la Shoah. Et pourtant, chacun d'eux, curieusement et de façon anachronique, semble faire écho avec elle !

Ce ressenti singulier est dû au fait que le souvenir de la Shoah, presque à notre insu, a imprégné nos esprits, notre regard et notre sensibilité. À tel point que ce souvenir est devenu un prisme, un filtre, au travers desquels il entre en résonance avec nos lectures, nos émotions et notre manière d'appréhender les événements qui tissent nos vies.


Pierre Haïat


* Ce titre est inspiré de deux ouvrages de Pierre Bayard : « Le Plagiat par anticipation » et « Demain est écrit », publiés aux Éditions de Minuit.