Hommage à David Kessler


Judaïsme en Mouvement a appris avec stupeur et désarroi la mort de David Kessler.

La vie de David a été intimement mêlée à l'histoire du judaïsme libéral français. Avec la très grande pudeur et l'humble fierté qui le caractérisaient, il en a été une figure. Il a contribué à le façonner et à le conduire : il a été, de 1990 à 1994, le plus jeune président du Mouvement Juif Libéral de France. Il voyait dans le mouvement libéral un courant ancestral du judaïsme religieux. Il aimait dire qu'il n'était pas juif libéral par facilité mais par fidélité à l'idée qu'il se faisait de l'universalité de la parole juive.

David Kessler était un homme de culture. Véritable intellectuel, sans affectation, il portait au plus haut degré l'exigence d'accéder, par la connaissance, à la compréhension des autres et à la souveraineté de l'esprit. Il a servi la culture à toutes les étapes de sa carrière si longue et trop courte, toujours avec l'idée simple que les plus belles œuvres devaient être accessibles à tous.

David Kessler avait la passion de la justice. Il avait choisi d'être juriste et il ne s'est jamais départi de la rigueur, de la lucidité qui alertent la conscience et permettent de distinguer la vérité du mensonge. Telle était sa façon de raisonner, de penser, de parler : le plus important, pour lui, c'était de voir ce qui est et de ne pas en avoir peur.

David Kessler était un esprit libre. Sans défi, sans arrogance, il avait le courage d'être qui il voulait être et d'accueillir les autres comme ils étaient : c'était un juge qui savait s'abstenir de juger.
Sa délicatesse, son intelligence, son sourire bienveillant, son rire tonitruant nous manqueront. Au moment où David nous quitte, nous comprenons qu'il ne nous quittera jamais vraiment.

Nous associons à sa mémoire celle sa mère, Colette Kessler, qui dirigea le Talmud-Tora de l'ULIF puis du MJLF pendant des décennies et celle de son épouse, Sophie Kessler-Mesguich, qui fut emportée par la maladie il y a dix ans presque jour pour jour, le 8 février 2010, et qui restera un modèle d'érudition, de sagesse et d'humanité. Nous disons notre profonde affection aux enfants de Sophie et de David, Martin, Laure et Anna. Et à Cyril Pigot, le mari de David, nous exprimons toute notre solidarité et notre sympathie.

Pour Judaïsme en Mouvement, David Kessler sera toujours de la famille. C'est une perte immense.


Gad Weil et Jean-François Bensahel ont souhaité partager ce texte de Paul Bernard en mémoire de cette figure du judaïsme libéral français.


Une cérémonie sera célébrée demain mardi 11 février à 15h au Cimetière du Montparnasse.