Drasha Vayaqhel-Pékoudé (10.03.18 - SDR)


Vayaqhel-Pékoudé - Le Tabernacle



La parasha Vayaqhel-Pékoudé que nous lisons cette semaine, raconte la construction du Tabernacle par les Hébreux dans le désert. Cela se passe au début de la deuxième année de l'Exode.
La parasha Vayaqhel commence par un court texte lié à l'observance de shabbath : en effet, Moïse dit que le 7e jour de la semaine, donc shabbath, les enfants d'Israël ne doivent pas travailler, sous peine de mort.
Ensuite, Moïse rapporte que D.ieu ordonne la construction d'un Tabernacle. Le Tabernacle est l'enceinte portative qui accueille la tente dans laquelle se trouve l'Arche de l'Alliance.
Il liste tous les matériaux nécessaires, que les enfants d'Israël doivent apporter pour sa construction.
Tous les hommes et femmes apportèrent plus que demandé.
L'Éternel demanda à Beçalel et Oholiab de bâtir l'ouvrage.
S'ensuit une description très détaillée de sa construction et de son aménagement : en termes de taille, de matériaux utilisés, de disposition, et de décorations,…
Puis la parasha Pékoudé continue avec la description détaillée des vêtements des prêtres, à savoir Aaron et ses fils, en termes d'étoffes, de couleurs, et d'ornements.
Une fois tout le travail réalisé « conformément aux prescriptions du Seigneur, Moïse l'examina (…) et bénit les Israélites » pour le travail accompli.
A la fin de la parasha, il est dit que seul Moïse érige le Tabernacle. Puis une « nuée enveloppa la tente d'Assignation le jour, et un feu y brillait la nuit », signe de la présence permanente de D.ieu dans le Tabernacle.



Le peuple Hébreu veut que D.ieu habite avec eux pour mieux Le ressentir. Ainsi D.ieu ordonne la construction du Tabernacle, ce que le peuple va entreprendre avec enthousiasme et selon le choix de chacun.
D.ieu ordonne en parallèle l'observance de shabbath et la construction du Tabernacle. De ceci on peut tirer au moins 2 enseignements :
Le premier est que D.ieu dans ces paroles-là a voulu garder la base, qui est shabbath. La construction du Tabernacle n'est que secondaire à ce moment-là. C'est-à-dire que le repos du peuple hébreu le 7e jour de la semaine (ainsi que du bétail) est plus important que la construction rapide d'un édifice à la gloire de D.ieu. Et ce sera toujours le cas, même plus tard pour la construction du Temple ou des synagogues.
Le second enseignement porte sur l'importance de la communauté. Dans les circonstances de l'exil (après l'épisode du veau d'or) D.ieu remarqua une lassitude du peuple et a voulu les réunir autour d'un projet commun, pour thème la construction d'un endroit sacré consacré à l'Éternel.

Tous étaient volontaires. On peut présenter la participation de chacun ainsi :
L'Architecte c'est l'Éternel.
Les Maîtres de chantier sont Beçalel et Oholiab
Les Ouvriers, ce sont les gens talentueux du peuple.
Les Financiers ce sont tous les Hébreux.
Et l'Inspecteur des travaux finis c'est Moïse.
Le peuple exécuta avec enthousiasme et avec grand soin la construction du Tabernacle, car cela n'était pas une obligation, contrairement à l'esclavage en Égypte, où ils étaient forcés. Il est clair que cela leur plaisait, car on fait quelque chose de spontané quand ça nous plaît, quand on aime. Ce projet les a très certainement soudés.



De nos jours, le Tabernacle d'une certaine manière existe encore, mais en beaucoup plus d'exemplaires. Par exemple, là où vous vous trouvez en ce moment même, c'est la suite, l'héritage du Tabernacle.
Les synagogues n'ont pas été construites avec un style unique, les bâtiments ne sont jamais pareils. Elles ont toutes une architecture différente, mais à l'intérieur, elles gardent un héritage direct du Tabernacle :
- l'agencement, avec la Teva, le Aaron Hakodesh, et le Neer Tamid, la lumière éternelle qui rappelle la nuée et le feu au-dessus du Tabernacle,
- les ornements, avec par exemple les clochettes et le pectoral en argent qui ornent la Torah, et qui faisaient partie des vêtements du Grand Prêtre, le symbole de la Menorah ou les 10 commandements,
- Et pour les rituels, les ablutions et la cuve en cuivre où Aaron et ses fils se lavaient les mains et les pieds avant de pénétrer dans le Tabernacle.

Autre point commun entre le Tabernacle et les synagogues : elles sont fondées par des personnes volontaires, par une communauté.
C'est le cas bien sûr du MJLF, construit comme le Tabernacle par des personnes réunies et soudées dans un même espoir. Souvenez-vous, le peuple était enthousiaste et plein de joie de participer, et d'offrir les matériaux nécessaires à la construction du Tabernacle. Rien n'aurait été possible sans la bonne volonté du Peuple ; et au MJLF aussi, rien n'aurait été possible sans la bonne volonté des bénévoles.