Drasha Vayéra (27.10.18 - CP)

Vayéra - Le bien triomphe-t-il toujours du mal ?




Bonjour à tous,


Aujourd'hui je voudrais vous parler du bien et du mal.
Mais avant cela, je vais vous résumer du début de la parasha Vayéra, que nous lisons cette semaine.
Au début de cette parasha, trois personnages arrivent chez Abraham et Sara qui les accueillent chaleureusement. Ils leur annoncent que Sara aura un enfant mais cela fit rire Sara car elle était très vieille.
L'Éternel fait ensuite part à Abraham de son projet de détruire les villes de Sodome et Gomorrhe car leurs habitants étaient particulièrement mauvais.
Abraham craignant une punition collective injuste argumente jusqu'à ce que l’Éternel accepte d'épargner ces deux villes si on arrive à compter dix justes dans la population.


C'est cette partie du texte qui m'a amenée à réfléchir sur la question du bien et du mal.
Dans le projet de destruction des villes de Sodome et Gomorrhe, on voit qu'il est possible que le bien rachète le mal.
La négociation d'Abraham, qui demande à Dieu si la présence de cinquante justes lui fera annuler sa décision de détruire les villes, puis de trente etc… jusqu'à dix, signifie pour moi que le bien a plus de poids que le mal car l’Éternel accepte que la présence de seulement dix justes sauve les deux villes.



Dans les fresques du Moyen-Âge qui représentent la scène du jugement dernier, les bonnes actions pèsent plus lourd que les mauvaises.
L'année dernière, au collège, j'ai étudié le tympan de l'église de Conques. On y voit Jésus, au-dessus d'une représentation de la pesée des âmes. Ceux qui avaient fait plus de bonnes actions que de mauvaises allaient au paradis, ceux qui avaient fait plus de mauvaises actions allaient en enfer. A l'époque, on se servait de ces symboles en faisant peur aux gens, pour qu'ils respectent les pouvoirs en place, celui du roi comme celui de l'église.


Parfois, c'est en effet la peur d'une punition qui peut nous amener à aller vers le bien.
C'est ce dont parle le Livre de Jonas, qu'on lit lors de la journée de Kippour : la ville de Ninive est vouée à la destruction car ses habitants sont mauvais. Mais ils peuvent être sauvés s'ils se repentent. Et c'est ce qui va se passer. Toute la ville se repend, change de comportement, ce qui lui permet d'être sauvée.


Dans la Torah, Dieu est aux côtés de ceux qui le suivent. Ce qui permet au bien de toujours triompher. Mais quand les hommes choisissent le mal, il est parfois plus difficile de faire triompher le bien, comme c'est le cas dans l'épisode de Sodome et Gomorrhe.
Pour que le bien triomphe du mal, les méchants doivent se convertir en gentils. Mais cela nécessite beaucoup d'efforts et d'énergie.
Il est sans doute plus facile de devenir méchant que gentil, car être méchant demande moins d'efforts sur soi et aussi moins d'efforts vis-à-vis des autres.
Je crois que les personnes sont méchantes parce qu'elles ont plaisir à voir les autres tristes et malheureuses. Les personnes méchantes sont souvent elles-mêmes en situation de mal être. Elles ne comprennent pas que les autres puissent être heureux et sont souvent jalouses. Elles sont un peu aveugles et ont du mal à se remettre en question.
Par contre, les personnes gentilles sont souvent des personnes épanouies, rayonnantes qui sont heureuses lorsque les autres sont heureux. Elles ont plus d'aisance et sont tournées vers les autres.
Les méchants peuvent avoir une forte influence sur les gentils et les transformer très facilement en méchants.
Mais comme il est plus agréable d'être gentil, un méchant pourra se laisser convaincre mais devra, je crois, faire d'avantage d'efforts pour devenir gentil. Cela lui demandera un travail important sur lui et sur son comportement.
On a toujours cette possibilité de changer, car on ne naît pas méchant, on le devient. Et je crois qu'avec une deuxième chance on peut toujours redevenir gentil.


Dans le judaïsme, il y a toujours cette idée de nouvelle chance, car Dieu pardonne toujours à ceux qui se repentent. Se repentir avec sincérité, avoir conscience d'avoir fait quelque chose de mal, demander pardon, et ne plus refaire la même erreur, permettent de se « racheter ».
Même si on a fait des mauvaises actions, le repentir a plus de poids. En ce sens, le bien triomphe toujours du mal.


Mais, bien sûr, ce n'est pas tout noir ou tout blanc.
Les gentils ne sont pas toujours gentils à 100 %, et les méchants ne sont pas non plus méchants à 100 %.
Comme le disent les commentateurs Josy Eisenberg et Armand Abécassis : « Tout serait beaucoup plus simple s'il y avait d'un côté les bons et de l'autre les méchants. Mais le monde ne se présente pas à nous comme un western. Il n'y a pas de bien sans mal ni de mal sans bien. Les distinguer l'un de l'autre, puis les séparer, c'est l'effort permanent exigé de l'homme. »


En bref, il n'est pas possible d'être toujours dans le bien. Mais on doit essayer de l'être le plus possible. Le choix du bien plutôt que du mal dépend de nous. De notre capacité à faire des efforts, à changer si cela est nécessaire et à nous améliorer.
Lorsqu'on est enfant, on nous dit toujours qu'il faut être gentil et sage.
J'ai toujours essayé de suivre cette recommandation. Parfois j'y parviens, parfois moins… J'ai compris que cela était important et que la gentillesse était une grande marque de respect de l'autre. Maman me le répète souvent.
J'ai aussi compris que lorsque l'on est gentil on est aimé en retour et on a de nombreux amis.

Aujourd'hui je célèbre ma Bath-Mitsva. La Bath-Mitsva marque l'entrée dans la religion et le passage à l'âge adulte, et bien sûr ma volonté de faire de mon mieux pour rester dans le bien.



Shabbath shalom