Drasha Vayélekh (15.09.18 - AA)

Vayélekh (shabbath Shouva) - La trahison des Hébreux


Bonjour à tous,

Ce shabbath, nous lisons la parasha Vayélekh. Comme c'est le shabbath entre les fêtes de Rosh Hashana et de Kippour, il s'agit du shabbath Shouva (c'est-à-dire le shabbath du retour), qui tire son nom de la haftara (que mon grand-père lira tout à l'heure).

La parasha Vayélekh parle de plusieurs sujets. Deux ont particulièrement retenu mon attention : la transmission du pouvoir à Josué et aussi (et c'est ce qui me semble le plus important) la future trahison du peuple lorsqu'il entrera en terre de Canaan. Dieu explique à Moïse qu'Il aidera le peuple durant toutes les épreuves auxquelles il devra faire face. Mais une fois qu'ils auront conquis la terre de Canaan, les enfants d'Israël trahiront Dieu, ne croiront plus en lui. Dieu, alors, ne les aidera plus, jusqu'à ce qu'ils réalisent et regrettent leurs égarements.

C'est sur ce sujet de la trahison du peuple que j'ai choisi de réfléchir.
En lisant ce texte, j'ai en effet été très surpris que les Hébreux fassent à ce point preuve d'ingratitude à l'égard de Dieu, alors que Dieu les a libérés d'Égypte, les a protégés dans le désert, leur a donné à boire, à manger, alors que Dieu va les aider dans la conquête de Canaan en anéantissant les peuples qui y résident.

La première question que je me suis posée, c'est : pourquoi le peuple va-t-il trahir Dieu une fois qu'il sera arrivé en Canaan ? Pourquoi va-t-il casser l'alliance ?

Est-ce que c'est parce qu'ils considèrent que maintenant qu'ils sont arrivés à destination ils n'ont plus besoin de Dieu ?
Ou peut-être les Hébreux trouvent que les lois de l'Éternel trop nombreuses, trop contraignantes, qu'elles demandent trop d'efforts, et que c'est plus simple pour eux d'aller à la facilité en suivant les coutumes des idolâtres. Les Hébreux ne sont sans doute pas capables de résister, et vont se laisser influencer et « débaucher par les divinités du pays barbare ».
Je crois donc que les Hébreux vont casser l'alliance avec l'Éternel tout simplement par manque de force et de foi.

On pourrait se demander pourquoi Dieu n'a pas abandonné le peuple d'Israël lors de la traversée jusqu'à la terre promise puisqu'il savait qu'il allait le trahir prochainement, casser l'alliance?
Je pense qu'il ne les a pas abandonnés car il leur avait promis de les emmener en terre d'Israël, promis qu'ils allaient atteindre cet endroit.

En fait, on pourrait faire un parallèle entre la trahison des Hébreux et l'ingratitude des adolescents vis-à-vis de leurs parents.
Est-ce que des parents abandonnent leurs enfants sous prétexte qu'ils sont particulièrement hostiles ou désagréables ?
Heureusement non ! Car ils savent que c'est une étape, et que cette période passera.
Même si ce n'est pas facile à supporter pour eux, ils vont tout faire pour maintenir le lien, sans pour autant céder sur les règles et les valeurs qui leur importent et qu'ils souhaitent transmettre.

L'autonomie et l'apprentissage de la responsabilité passent peut-être, pour certains en tout cas, par une remise en question de ce qui a été transmis par l'éducation, la religion, etc. Cette remise en question peut prendre la forme d'un rejet, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'il n'y aura pas de retour. Mais il faut parfois du temps pour se rendre compte de ce qui est important pour nous, et y revenir à notre manière.

Comme des parents n'abandonnent pas leur enfant, Dieu n'abandonne pas le peuple.
C'est sans doute la raison pour laquelle il demande à Moïse d'écrire un cantique (c'est ce que nous lirons la semaine prochaine, avec la parasha Haazinou) et la Torah.
Ces textes pourront être des points de repère, servir aux Hébreux pour pouvoir revenir, se faire pardonner, et peut-être aussi servir de prières.

Plus que la notion d'alliance et de respect (ou non) des lois et des prescriptions de l'Éternel (ou, dans le cas des enfants, des règles données par les parents), ce dont il est peut-être question ici, en fait, c'est tout simplement d'amour : l'amour de Dieu pour le peuple qu'il a choisi, l'amour des parents pour leur enfant. Un amour qui permet de comprendre que, quelques soient les trahisons, Dieu ne peut oublier son peuple, comme des parents ne peuvent " oublier " leur enfant.


Célébrer ma Bar-Mitsva signifie beaucoup de choses pour moi. Cela marque mon passage à l'âge adulte (en tout cas sur le plan religieux !), et mon entrée dans la communauté juive. C'est aussi pour moi une confirmation de mon identité juive. Et un lien renforcé avec ma famille, et notamment mon grand-père avec qui j'ai beaucoup discuté à ce propos.