Drasha Noah (13.10.18 - ES)

Noah - Qui donc était Noé ?


La parasha Noah que nous lisons ensemble cette semaine porte le même nom que son protagoniste : Noé.

L'Arche de Noé, nous en avons tous entendu parler, du déluge qui va effacer toute vie de la surface de la terre à l'exception de Noé, de sa famille et de deux spécimens (un mâle et une femelle) de chaque espèce animale qui seront sauvés dans l'Arche.

J'ai donc choisi de vous raconter dans un premier temps l'histoire de cet ordre que Noé reçut de Dieu, qui demanda au seul homme juste dans une génération dévastée par la corruption et la violence, de construire une grande Arche (Tévah en hébreu), et de la construire en bois et de l'enduire de l'intérieur et de l'extérieur de goudron pour résister à une pluie qui tombera durant 40 jours et 40 nuits.
L'eau va recouvrir la surface de la terre durant 150 jours avant de se calmer et de redescendre.
L'Arche se posa sur le mont Ararat et de sa fenêtre, Noé envoya un corbeau puis une colombe pour constater la décrue.
Lorsque la terre devint de nouveau sèche, exactement une année solaire (soit 365 jours) après le début des pluies, Dieu ordonna à Noé de sortir de l'Arche et de repeupler à nouveau la Terre.


Pour ceux et celles d'entre vous qui se demandent comment Dieu, tout-puissant et infaillible, peut-il avoir été l'auteur d'une création si imparfaite, laissez moi vous compter cette petite histoire.

C'est l'histoire, d'un tailleur juif dans le Marais. Un riche Monsieur vient le voir pour un ourlet. Il demande à l'artisan :
- Cher Monsieur, dans combien de temps comptez vous me rendre mon costume ?
- 3 mois, répond le tailleur.
- Et Il vous faut 3 mois pour un ourlet de pantalon ? Dieu, lui, n'a pris que 7 jours pour faire le monde !
- Oui, lui répondit le tailleur, mais regardez l'état du monde !


Revenons-en à Noé. Dans ce monde imparfait, où chacun est corrompu, un homme sort du lot : Noé.
Car Noé « marchait avec Dieu » nous dit le verset. Noé était « un marcheur », mais détrompez-vous, cela ne nous dit rien de ses opinions politiques.
Mais alors, qu'est ce que cela peut bien vouloir dire ?
A la première lecture, « marcher avec Dieu » implique une forme d'obéissance, voire de passivité.
A la différence de son successeur, Abraham, qui lui marchait devant Dieu, Noé, lui semble se laisser guider plutôt que de tracer sa propre route.


Si j'ai bien tous compris nous avons tous dans notre vie plusieurs options :
- soit de ne rien faire.
- soit d'être comme Noé, un homme juste par comparaison avec ses contemporains « là où il n'y a pas d'Homme, soit un Homme » donc de se trouver au bon endroit, au bon moment.
- ou d'être comme Abraham, un avocat, qui négociera durement avec l'Éternel pour sauver les habitants de Sodome et Gomorrhe.

Noé lui fait preuve d'un silence et ne fait rien pour protéger ses semblables. Durant toute la construction, o combien méticuleuse, Noé ne s'empresse pas de prévenir ses concitoyens que la fin et proche.

Tout ce temps de construction est une perche tendue à l'humanité qui aurait pu se poser des questions, et, qui sait, se repentir.
Noé, est davantage dans une relation de crainte que de confiance. Il se contente de suivre les règles en espérant que son obéissance le tirera d'affaire lui et sa famille.


Mais, je ne voudrais pas vous laisser avec l'impression que je minimise le rôle de Noé. Noé est le rédempteur de l'Humanité. Il est celui qui préserve la vie des eaux destructrices, annonçant par là, Moïse, qui lui sauvera les Hébreux des eaux à la sortie d'Égypte.
Il nous enseigne que l'Histoire n'est pas toujours le produit de grands hommes. Nous pouvons tous être tentés de nous réfugier derrière des excuses pour ne pas agir :
Par exemple en se disant « Mais qui suis-je » ? Que puis-je contre cette situation ? Suis-je Abraham pour demander des comptes à Dieu ? Suis-je Moïse pour fédérer tout un peuple derrière mon combat ?
Noé est là pour nous enseigner qu'il n'est pas nécessaire d'être « quelqu'un » pour faire « quelque chose ».


Ma drasha m'éclaire et m'interpelle sur le fait que nous avons tous un rôle à jouer et que nous devons tous apporter notre pierre à l'édifice de notre génération, petits ou grands.



Dans la seconde et dernière partie, je souhaite vous expliquer ce que moi, E. et tout les jeunes de mon âge, nous vivons en accomplissons cette traversée, cette aventure, notre Bar-Mitsva pour nous les garçons, ou Bath-Mitsva pour les filles.
Nous, nous préparons pendant quelques mois à cette période où nous passons du statut d'enfant à celui de jeune homme ou de jeune femme, nous allons traverser la passerelle qui nous donnera la possibilité d'obtenir notre majorité religieuse pour faire partie d'une communauté.
D'être reconnu et accepté dans le monde des adultes.
Nous découvrons, que nous avons une âme qui habite notre corps, qu'il existe une vie spirituelle, une vie de l'esprit et des valeurs morales.
Que nous pouvons choisir entre la facilité ou la difficulté entre le mal et le bien, enfin la vie quoi !
L'insouciance me convenait assez bien jusqu'alors.
Cette aventure nous la partageons avec notre famille d'ici ou de Bretagne, nos amis et les élèves du Talmud-Tora. Avec nos professeurs et avec l'ensemble des personnes qui nous guide pendant ce merveilleux voyage.



Shabbat shalom.