Drasha Nitsavim (08.09.18 - NB)

Nitsavim - L'engagement



Nous lisons ce shabbath la parasha Nitsavim.
Cette parasha parle de l'alliance que Dieu demande à la tribu d'Israël.
Ce sont les conditions pour faire partie de son peuple et vivre heureux.
Dieu propose ce pacte à tous ceux qui sont prêts à s'engager dans le respect de ses règles, en devenant monothéistes.
S'ils s'écartent de celles-ci, cela les conduira à des abominations.


J'ai choisi de prendre comme thème pour ma drasha, celui de l'engagement et de réfléchir sur ce qu'il implique au moment où je célèbre mon engagement dans l'Alliance et dans la vie juive.


Dans ce texte, il y a 3 notions importantes sur l'engagement :
• Il est total et sincère dans le temps, toutefois Dieu est prêt à pardonner si nous nous écartons de cet engagement
• Nous avons le choix de nous engager ou pas
• L'application et le respect de l'engagement dépend de chacun d'entre nous


Parmi les nombreuses définitions du mot " engagement " que j'ai trouvées, j'ai choisi de conserver la suivante :
L'engagement est lié à une décision volontaire de participation à un projet, à une action, ou autre, s'inscrivant dans le temps.
L'engagement peut se faire à travers un projet personnel ou collectif, qui sert alors de support à l'engagement.
Nous retrouvons bien dans la Torah comme dans le dictionnaire les mêmes notions importantes.
Pour ma part, j'ajouterai une autre notion dans l'engagement. Je pense que l'engagement est différent pour chacun d'entre nous. Nous l'observons et l'appliquons à notre manière. C'est comme une signature personnelle.


Je vais revenir sur ces différentes notions :

Au début, j'ai choisi de " faire ma Bath-Mitsva " : apprendre la liturgie, m'exercer à lire la parasha et écrire mon texte de drasha.
Mes parents ne m'ont pas obligée, c'est moi qui ai fait ce choix.
Au début, je ne pensais pas que c'était un engagement.
Je n'ai réellement pris conscience de la notion d'engagement qu'à partir du moment où, avec mon professeur et avec mes parents, nous avons étudié ce texte de la Torah et où j'ai choisi le thème de ma drasha : " l'Engagement ". A partir de ce moment, je ne " faisais plus ma Bath-Mitsva " mais je me suis " engagée dans ma Bath-Mitsva ".
Elle était soudain devenue quelque chose que je faisais plus intensément, avec une plus grande responsabilité et en me demandant aussi comment je poursuivrai cet engagement par la suite.

Pour moi, on s'engage d'abord pour quelque chose auquel on croit, pour lequel on se sent capable d'être à la hauteur, de donner le meilleur de soi-même et de ne pas faire les choses à moitié.


Dans cette parasha, Dieu nous dit que le respect de l'engagement n'est pas si difficile, qu'il est atteignable. Il ne nous demande pas l'impossible mais nous demande de faire le maximum pour le respecter.


Ce n'est pas toujours facile de s'engager dans la durée, on peut être découragé par moment, rencontrer des difficultés, être attaquée comme le rabbin Delphine Horvilleur et les positions du MJLF ont pu l'être, où bien se dire qu'on a d'autres priorités.
Chaque année, quand je commence Kippour, je me dis que j'ai respecté mon engagement, que je n'ai rien fait de mal et donc que je n'ai pas besoin d'être pardonnée. Et pourtant, quand je lis la liste des péchés, je me dis que je n'ai pas toujours respecté toutes les règles et fait suffisamment attention à ceux qui me sont proches.


Ce qui m'aide dans ces moments là, c'est la volonté d'aller jusqu'au bout parce que je suis convaincue que mon choix, mon engagement est juste et sincère, qu'il me rattache plus fortement à ma famille. C'est aussi par fierté, par plaisir et pour la satisfaction que l'on ressent pour ce qui est accompli et transmis quand c'est quelque chose qui est important.

La Torah nous dit aussi que l'engagement dépend de chacun d'entre nous.
Cet engagement pour la vie et la pensée juive m'a été transmis par ma mère, ma grand-mère, mon grand-père (même si je ne l'ai pas connu), mon frère, par toute ma famille maternelle depuis des générations et par les années de cours et d'offices du MJLF.


Il m'a aussi été transmis par mon père qui n'est pas juif et qui pourtant se reconnait dans les valeurs qui viennent du judaïsme ; des valeurs pour vivre heureux ensemble, respecter et faire attention aux autres et pour se mobiliser pour des causes justes.
Je suis certaine que mes amis qui ne sont pas juifs et qui sont parmi nous aujourd'hui se reconnaîtront dans ces valeurs et cet engagement.


Il n'est pas évident pour moi de savoir comment je perpétuerai cet engagement dans 10 ou 20 ans. Quelle touche personnelle j'ajouterai à l'éducation que j'ai reçue ?
Cela évoluera certainement.
Ce que je sais aujourd'hui c'est que je veux continuer à venir aux offices dès que je peux, que je veux continuer mes activités au MJLF, que je veux être active dans nos fêtes traditionnelles de famille et que j'ai un attachement à Israël où j'ai une grande partie de ma famille
Il est important pour moi de transmettre cette Alliance, cet engagement.