Drasha Ki Tavo (01.09.18 - SB)

Ki Tavo - L'alliance


Dans la parasha Ki Tavo ("Quand tu rentreras" en français), chapitre 26 du Deutéronome, les Hébreux sont à l'entrée de la terre promise et vont recevoir un certain nombre d'instructions qu'ils devront respecter une fois qu'ils seront entrés dans le pays que Dieu leur a promis.
Le premier de ces commandements sera d'apporter tous les ans, au Saint Temple, les premières récoltes réalisées en fruits, légumes, céréales. Ceci afin de remercier Dieu de pouvoir vivre dans un pays où il fait bon vivre et où coule le lait et le miel.
Moïse expose ensuite les modalités de l'alliance entre Dieu et le peuple juif.


J'ai choisi ce matin de parler de cette alliance (brith).

La Torah évoque trois alliances : La première entre Dieu et Noé, la deuxième entre Dieu et Abraham et la troisième entre Dieu et le peuple d'Israël.

Par la faute de nombreux humains se comportant de façon indigne, Dieu décide de faire disparaître l'humanité toute entière en inondant le monde grâce au déluge. Mais, Dieu établit la première alliance entre lui et l'homme, en demandant à Noé de créer une arche pour préserver les animaux et sauvegarder sa famille. Dieu garantit à Noé qu'après le déluge un nouveau monde lui sera offert à lui, et à sa famille.

Plus tard, Dieu promet à Abraham que grâce à sa fidélité, une descendance nombreuse lui sera donnée. Celle-ci héritera, après un temps d'exil et d'oppression, d'une terre sur laquelle elle pourra vivre en toute liberté.

L'alliance entre Dieu et le peuple, au mont Sinaï est la confirmation de l'alliance avec Abraham. Le peuple s'engage à accomplir les paroles divines. Les 10 commandements et toute la Torah constituent les termes de cette alliance, notamment la pratique du culte, l'observance des règles sociales et politiques.

Cet engagement renouvelé de la fidélité des enfants d'Israël à Dieu est assorti d'une sévère mise en garde de Moïse pour les manquements éventuels à cette Alliance.

Toutes les règles fixées ont été données aux enfants d'Israël au mont Sinaï dans la parasha Yitro (Exode 19). Mais elles sont aussi rappelées dans la parasha Ki Tavo que nous lisons aujourd'hui, juste avant l'entrée du peuple en terre promise.
Au verset 4 du chapitre 27, il est dit : « Le jour où vous passerez le Jourdain pour aller dans le pays que le Seigneur ton Dieu te donne, tu dresseras de grandes pierres sur le Mont Ebal et les enduiras de chaux », puis au verset 8 : « Tu écriras sur les pierres les paroles de cette loi, en les expliquant bien».
Nous comprenons par ces phrases que la connaissance de ces règles dictées par l'Éternel sont importantes et indispensables pour passer de l'oppression à la liberté, de l'obscurité à la lumière.

Les termes « En les expliquant bien » se rapportent au verset 3 et expliquent la façon dont il fallait écrire la Torah. Rachi qui cite les Sages indique qu'elle devait être écrite de façon claire pour tout le monde afin que tous puissent la comprendre et la pratiquer. À l'époque, elle devait être traduite dans les 70 principales langues utilisées. Ce qui était déjà miraculeux.


Nous voyons qu'a l'époque biblique, les alliances étaient passées entre Dieu et son peuple. Eloïm imposait des obligations en échange d'une vie meilleure. À l'homme de les accepter ou de les refuser.

De nos jours, le terme d'alliance, n'est plus simplement utilisé pour des unions religieuses entre Dieu et le genre humain. Aujourd'hui, on parle d'alliance le plus souvent dans des contextes de concurrences, qu'elles soient militaires, politiques ou économiques.
Par exemple, les « Alliés » lors de la seconde guerre mondiale se sont unis militairement pour écraser le nazisme, deux partis s'unissent et signent un accord pour gagner une élection, une alliance entre deux entreprises peut être trouvée pour gagner plus d'argent. Finalement une alliance devient une stratégie pour vaincre et gagner contre un adversaire. On « fait alliance » les uns contre les autres.

Or, cette connotation est totalement absente de la Torah. L'alliance que Dieu propose aux hommes est une liste de règles à respecter, de choses à faire ou ne pas faire. La brith que Dieu nous offre n'est pas faite pour vaincre un ennemi. D'ailleurs, les alliances créées par les hommes se font et se défont au gré des époques, alors que celle que Dieu nous propose est éternelle, car la Torah ne peut pas être changée avec le temps. La Torah a été dictée par Dieu, elle ne peut donc pas être utilisée pour des calculs égoïstes ou individuels.


En célébrant aujourd'hui ma Bath-Mitsva, je renouvelle cette alliance avec Dieu. En effet, il est important de continuer à pratiquer, respecter ce qui est écrit, respecter le shabbath, manger casher, aller à la synagogue, célébrer les fêtes. C'est grâce à cette alliance que le judaïsme a perduré malgré toutes les souffrances qui lui ont été imposées au cours du temps.
Je dirais que l'alliance entre Dieu et son peuple peut être comparée à l'éducation, aux règles fixées par les parents envers les enfants.
La Bath-Mitsva, c'est comme le passage du peuple juif en Israël : pendant 40 ans dans le désert, le peuple juif a été accompagné et protégé par Dieu : la manne tombait tous les jours du ciel, les vêtements ne s'usaient pas, …
Pendant 12 ans, j'ai été accompagnée par mes parents, ma famille, je ne me préoccupais de rien, ils étaient là pour me protéger, me donner une éducation. Mais dès aujourd'hui, la vie va devenir un peu plus difficile, je dois prendre une certaine autonomie. Je vais m'engager pleinement dans mes responsabilités communautaires et familiales. Je ne peux plus utiliser le fait que je ne sois pas assez grande pour ne pas faire telle ou telle chose. Je dois prendre part à toutes mes obligations civiles ou religieuses. Pourtant je n'ai pas trop d'inquiétude sur mon avenir, car je sais que mes parents continueront à me loger, à me nourrir jusqu'à ce
que je parte définitivement de la maison.