Drasha Bo (12.01.19 - AC)

Bo - Les plaies d'Egypte


Bonjour à tous,


Aujourd'hui, je vais vous parler de la parasha Bo. Tout d'abord, que raconte la parasha Bo ? Nous sommes dans le deuxième livre de la Torah, l'Exode. Au commencement, les Hébreux sont esclaves en Égypte sous l'emprise du Pharaon. Dans la parasha précédente, la parasha Vaéra, D.ieu a demandé à Moïse d'aider les Hébreux à sortir d'Égypte en jetant 7 plaies afin de convaincre le Pharaon de les laisser partir.

Mais revenons à notre sujet. Dans la parasha Bo, 3 dernières plaies s'abattent sur le pays d'Égypte. La première, les sauterelles qui dévorent toutes les plantations. La deuxième, l'obscurité totale qui s'abat sur le pays. Et la dernière, la plus horrible de toutes, la mort des premiers-nés. En ce qui concerne cette dernière plaie, D.ieu avait ordonné auparavant aux Hébreux de marquer la porte de leurs maisons avec le sang d'un agneau égorgé afin d'épargner leurs premiers-nés.

Après cette dernière plaie, le Pharaon fut horrifié, il finit par craquer et libéra les Hébreux. Ceux-ci partirent tellement vite qu'ils ne prirent pas le temps de laisser lever leurs pains. C'est pour cela que l'on fête Pessah chaque année en mangeant de la matsa pendant 7 jours, et en racontant l'histoire de leur délivrance du pays d'Égypte.



En lisant cette parasha, je me suis demandé en quoi ces plaies humiliaient les Égyptiens et leur religion.

Dans chacune de ces plaies, D.ieu humilie un dieu égyptien. Par exemple, lors de la première plaie, le changement du Nil en sang, le dieu du Nil, Hapi, est déshonoré.

Mais revenons aux plaies de la parasha Bo. La huitième plaie, les sauterelles qui dévorèrent toutes les récoltes et les plantations futures, rabaissa le dieu Min, le dieu de la fécondité qu'on tenait pour un protecteur des cultures.

Parmi les dieux déshonorés par la neuvième plaie, celle des ténèbres, il y avait les dieux du soleil Râ et Horus, ainsi que Thot, le dieu de la lune.

La dernière plaie, la mort des premiers-nés, la plus terrible de toutes, fut le summum de l'humiliation pour le Pharaon et les Égyptiens. En effet, les souverains d'Égypte se targuaient d'être des dieux, les fils de Râ. Dès lors, la mort du premier-né de Pharaon constitua en quelque sorte la mort d'un dieu.

Comme on le voit, à travers les 10 plaies, beaucoup des dieux égyptiens sont déshonorés.



Ensuite, j'ai voulu regarder les plaies plus en détails. J'ai fait quelques recherches et j'ai vu que, d'après les commentateurs, les plaies pouvaient être rassemblées par groupes.

Dans la Mishna, Rabbi Yehouda résume les dix plaies en trois groupes : Datsakh, Adach, Béahav, chaque mot étant formé par les initiales de chaque plaies.
Le premier groupe, Datsakh, regroupe le sang, les bêtes féroces, et la grêle
Le deuxième, Adach, regroupe les grenouilles, la peste, et les sauterelles
Le troisième groupe, Béahav, regroupe la vermine, les ulcères, et les ténèbres

Shimshon Raphaël Hirsch souligne que ces trois groupes de plaies se distinguent par un ordre croissant de menaces. " Deux plaies consécutives sont toujours précédées d'un avertissement, les troisièmes [grêle, sauterelles et ténèbres] surviennent ensuite sans avertissement. La troisième plaie apparaît toujours comme un châtiment dû à l'échec des deux premières plaies." (Commentaire du Pentateuque - Tome II - Chemoth - Exode)



Ces trois groupes de plaies se distinguent également par un ordre croissant de sévérité des dégâts :

Les plaies du premier groupe (sang, bêtes féroces, grêle) n'ont frappé que les possessions des Egyptiens.
Quant aux plaies du deuxième groupe (grenouilles, peste, sauterelles), elles ont détruit leur confort matériel.
Et les plaies du troisième groupe (vermine, ulcères, ténèbres) ont atteint leur intégrité physique.


Le commentateur Claude Riveline fait un parallèle entre les trois groupes de plaies et le deuxième commandement : " Tu ne te feras point d'idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre." (Exode 20 : 3)
D'après lui :
- le sang est dans l'eau, les grenouilles sont dans l'eau, et la poussière correspond à ce qui est "sous la terre".
- les bêtes sauvages, la peste, les pustules correspondent à la dimension "sur la terre" puisque ces plaies s'attaquent aux maisons, au bétail et aux hommes dans leur chair
- la grêle, les sauterelles et l'obscurité correspondent à ce qui vient du ciel, "au dessus" de la terre.

Sous la terre d'abord, puis sur la terre, puis ce qui vient du ciel.

En déstabilisant tour à tour ces trois niveaux, l'Eternel montre qu'aucun n'est du pouvoir des hommes, et qu'aucun ne doit être adoré en particulier, remettant ainsi en question l'ordre et la vision du monde des Egyptiens.



En conclusion, il est logique que les plaies soient dans cet ordre-là car elles augmentent en termes de sévérité des dégâts selon un schéma de 3 groupes.

Quelle que soit la manière de considérer les choses, les plaies s'en prennent à tous les aspects de la vie des Égyptiens, avec des dégâts croissants, et constituent une humiliation pour eux et pour leurs dieux, que chaque nouvelle plaie déshonore en montrant l'inefficacité de leur pouvoir.


Ma Bat-Mitsva est un tournant important pour moi et pour ma famille. Je viens d'une famille dans laquelle la transmission a un sens tout particulier. Je suis aujourd'hui pleinement juive. Et je pourrai à mon tour transmettre le judaïsme à mes enfants, de génération en génération " Le dor vador " comme dans la Kedousha.



Shabbath shalom