La coupe de Myriam

 
Drasha du Rabbin Stephen Berkowitz
MJLF – Pessah 2012 – Séder communautaire du MJLF-Est
 
 
Comme nous l'enseigne la Haggada, chaque génération a le devoir de raconter la sortie d'Égypte. « Et plus on en raconte plus on mérite de louanges ». Pour une communauté libérale l'expression « plus on en raconte » est une invitation à l'innovation- c'est à dire à la possibilité de rajouter de nouveaux textes lors de la célébration du Séder de Pessah.
 
Pour toutes les mères qui ont eu le privilège d'adopter un enfant, voici
un nouveau texte qui s’appuie sur un objet rituel inédit, créé il y a 20 ans aux USA, la coupe de Myriam, que l’on remplit d'eau. Ce texte (1) peut être inséré entre les étapes « Karpas » et « Yahats ». Le persil qui symbolise la renaissance est trempé dans l'eau salée qui représente les larmes.
 
On lève la coupe de Myriam et on dit:
 
« La coupe de Myriam débordant d’eau nous rappelle que Moïse avait deux mères, Yoheved sa mère biologique, et Bithia, la fille Pharaon, sa mère adoptive. Myriam, la sœur de Moïse, comprit que, dans certains cas, deux mères sont nécessaires, en binôme, pour créer, élever et éduquer un enfant. Chacune avait son rôle spécifique.
 
Quand Moise eut 3 mois, Yoheved prépara un berceau de jonc, qu'elle enduisit de bitume et de poix, puis y plaça l'enfant et le déposa dans les roseaux du Nil, le même Nil que Pharaon avait mentionné dans son injonction : « Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve... »
 
Myriam se tint alors à distance parmi les roseaux, de la même façon que les mères chinoises placent leurs bébés au milieu des racines de lotus ou de feuilles de cèleri à la campagne, ou dans un panier près d'un marché jusqu'à ce qu'un étranger découvre l'enfant et s'exclame : « à qui appartient ce bel enfant? »
 
La fille de Pharaon, Bithia, réagit de la même manière. C’est elle qui attribua au bébé le nom de Moïse: en disant « parce que je l'ai retiré des eaux ».
Bitia adopta alors Moïse, lui donna une bonne existence, des privilèges, et une éducation biculturelle.
 
A l'autre mère de ma fille je dis « merci ». Je ne te connais pas, même pas ton nom.
Toi, tu ne me connais pas non plus. Nous ne nous connaîtrons jamais.
Mais ensemble nous avons crée, aimé et fait grandir cet enfant.
Je prie pour que tu aies d'autres joies et de bénédictions.
 
Tu es généreux en bénédictions Éternel, Créateur de l'univers
qui nous maintiens en vie grâce aux eaux vivifiantes
Que nous puissions aussi, à l'instar de nos ancêtres, les enfants d'Israël qui partaient d'Égypte, être protégés et maintenus en vie dans le désert.
Accorde nous la sagesse pour que nous comprenions que le voyage lui-même contient la promesse de rédemption. Amen. »
 
 
(1) Texte dû au Rabbin Susan Schnur , rédactrice à Lilith (la revue juive féministe américaine: www.lilith.org) 
Traduit et adapté par le rabbin Stephen Berkowitz et introduit au Séder communautaire du MJLF EST le 7 avril 2012)