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Pessah à Bali
Liat Solomon, "La Dame de Bali" Elle est belle, elle est israélienne et elle est l’âme et le centre de la vie juive de Bali, cette île paradisiaque, seule enclave hindouiste de l’archipel indonésien, à deux heures à peine, par avion, des côtes australiennes.
Descendante du Baal Shem Tov et de Rabbi Nachman de Bratslaw, Liat Solomon est l’héritière d’une lignée de rabbins installés à Jérusalem depuis dix générations. L’environnement familial très orthodoxe ne correspondant pas à ses convictions plutôt libérales (reform judaism), elle s’installe à New York à 23 ans où, devenue nutritionniste, elle concocte une cuisine macrobiotique pour des rabbins de Brooklyn pendant près de douze ans tout en lançant sa propre collection de prêt à porter. Eblouie par la beauté de Bali au cours d’un voyage professionnel, Liat Solomon vend tout ce qu’elle a à new York, s’installe dans l’île, ouvre successivement deux restaurants et devient «la Dame de Bali».
Suivant la tradition de sa mère et de sa grand-mère à Jérusalem, Liat ouvre sa maison chaque vendredi soir pour Shabbat. Vingt à quarante personnes, Juifs mais également non juifs, viennent chaque semaine pour l’allumage des bougies de Shabbat avec Oria, huit ans, la fille de Liat, suivi du Kiddouch et du Motsi sur des haloth faites à la maison. Le dîner qui suit est toujours délicieux et très animé. Pas de réservation, pas d’addition, une boite de « donations » se trouve, discrète, dans un coin et chacun a la liberté d’y déposer quelque billet. Comme Liat Solomon ne touche pas l’argent et en parle encore moins pendant Shabbat, la boite ne se remplit guère.
Il y a les habitués, des expatriés, originaires d’Europe, d’Amérique du nord, d’Australie ou d’Israël, et puis arrivent les gens de passage, touristes ou professionnels qui ont entendu parler du Shabbat chez Liat Solomon. Comme on vient sans réservation, impossible de prévoir le nombre de participants. Liat accueille chacun avec le même sourire éclatant.
Les Sédarim de Pessah sont un grand moment de l’année juive à Bali. De cent à cent vingt personnes se pressent chez Liat Solomon. Des hagadoth sont sur toutes les tables et, à la fin du dîner rituel, Had Gadya est chanté dans presque toutes les langues du monde. La grande difficulté est l’approvisionnement en matzot et vin cacher le Pessah, totalement introuvables en Indonésie. C’est donc à la famille, aux amis de l’étranger et à l’esprit de Tsédaka de quelques communautés que Liat fait appel.
Et c’est ainsi que, grâce à Liat Solomon, Bali, l’île au mille dieux, devient aussi l’île du Dieu d’Israël.
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