MJLF Judaisme et pratiques

Deux Shabbatot WUPJ en Californie

 
A l’occasion d’un voyage d’une quinzaine de jours en Californie, nous avons assisté à des offices, deux vendredi soirs d’août, dans deux communautés affiliées à la WUPJ. Dans les deux cas, nous avons été très bien accueillis. Les offices étaient chaleureux, assez différents entre eux et différents des nôtres.
 
 
Shabbat Ree, sous les étoiles, dans la communauté Leo Baeck à Los Angeles
 
Cette communauté a été fondée il y a 64 ans. Le Senior Rabbi actuel est le troisième Senior Rabbi en 64 ans. Il est âgé de 90 ans.
Aujourd‘hui la communauté est animée par deux rabbins, le « jeune » Senior Rabbi est assisté d’un rabbin femme. Le Senior Rabbi passe plusieurs mois par an en Israël. Il encourage les membres de sa communauté à le retrouver en Israël lors de voyages qu’il organise à cet effet. La communauté est proche de l’université de Californie : UCLA. Avec UCLA, la communauté Leo Baeck a lutté contre toutes les guerres (Vietnam, Irak). La communauté milite activement depuis longtemps en faveur d’un rapprochement Israël / Palestine. Lorsque des futurs membres font leur « congregation shopping » (il y a cinq communauté affiliées à la WUPJ à Los Angeles, deuxième ville juive des Etats Unis) ce sont des points distinctifs que la communauté met en avant.
A une certaine époque, la communauté avait vu ses membres vieillir sans être remplacés. Le Senior Rabbi actuel, dans la communauté depuis 2003, a permis l’arrivée d’une nouvelle génération de membres. La communauté comprend aujourd’hui 700 familles. Le soir où nous assistons à l’office une trentaine de personnes sont réunies
La guitare est très présente pendant l’office (c’est le Rabbin qui joue, la Musique est un pan important de son éducation et de sa vie ). L’office se déroule en plein air au milieu des arbres. Un espace est aménagé pour les offices, avec rangées de chaises et armoire pour rouleaux de la Torah. On y oublie immédiatement la High way toute proche et l’aspect si impersonnel de la grande cité de Los Angeles. On pourrait être dans un jardin privé en chic banlieue parisienne.
Après les chants et les prières introductives la femme Rabbin nous demande de nous regrouper avec nos voisins par petits groupes de deux ou trois autour d’extraits de textes de la paracha de la semaine.
Nous disposons de … 3 ou 4 minutes pour lire le texte et exprimer les questions que le texte suscite en nous. Ensuite la Rabbin sollicite les restitutions des membres.
L’office terminé l’ensemble des membres se retrouve pour partager un verre et des gâteaux.
Si les offices ont lieu en plein air l’été, la communauté dispose par ailleurs d’un bâtiment synagogue et de petites baraques pour le Talmud Torah et les activités des jeunes et des moins jeunes.
 
 
 
Shabbat shofetim dans la communauté Sherith Israël de San Francisco
 
La communauté Sherith Israël a été fondée … dès 1850, autant dire dans les tous premiers temps de la ville de San Francisco. La synagogue qui accueille les offices aujourd’hui a été inaugurée en 1905, juste avant le grand tremblement de terre de 1906. Cette synagogue, grande, majestueuse, bois et vitraux, fut un des rares bâtiments à résister au tremblement de terre, puis au feu qui a détruit les quatre cinquièmes de la ville. Cela lui a valu d’être utilisée comme tribunal, beau symbole, aussi longtemps que le tribunal de la ville a été hors d’usage.
La communauté Sherith Israël est une communauté installée, institutionnelle. Les membres sont habillés de manière formelle ; les hommes portent la kippa (ce qui n’était pas du tout le cas dans la communauté Leo Baeck à Los Angeles). A l’office assistent environ 50 personnes dont une quinzaine de personnes de passage, d’horizons divers, venant d’autres villes US ou d’autres horizons juifs et non juifs (toutes les personnes assistant pour la première fois à l’office sont invitées à se présenter).
La communauté est animée par un « senior » Rabbin, une femme Rabbin et une femme cantor. L’office auquel nous assistons est animé par le senior Rabbin et la cantor, à la guitare. L’air utilisé pour les chants, très « rock », nous a souvent surpris.
En début d’office le Rabbin nous demande de nous souvenir de chacun des jours de la semaine qui se termine, de penser aux réalisations de chacun de ces jours, des erreurs de chaque jour, afin de nous pardonner nos erreurs et de les « mettre de côté » …  
Un commentaire de la paracha est proposé par le rabbin, par écrit dans le bulletin hebdomadaire distribué en même temps que les livres de prière ; pendant l’office le rabbin ne fait pas de commentaire de la paracha ; en revanche, il fera ce soir là un commentaire historique et … syndical sur la fête du Labour Day (fête du travail dont s’inspire le 1 mai français), le Labor Day sur lendemain de ce shabbat shofetim. Le rabbin rappelle que les générations antérieures se sont battues pour le non travail des 6 ème et 7 ème jour… et que du temps où il y avait (encore) un nombre significatif d’ouvriers aux USA, les candidats aux élections présidentielles ne manquaient pas de passer le Labor Day à Détroit avec les syndicats … période révolue.
Deux poèmes de Morris Rosenfeld, poèmes traduits du yiddish, et liés à l’effort au travail sont lus pendant cet office.
Ensuite se produit une séquence qui nous a à la fois surpris et amusés : le Rabbin demande qui a eu au cours de la semaine passée une expérience nouvelle qu’il souhaite partager avec la communauté : alors là, le plus inattendu peut se dire : une petite fille qui est contente de ses nouvelles boucles d’oreilles, une personne d’une cinquantaine d’années toute fière d’annoncer une promotion professionnelle, etc … etc .. : une bonne dizaine d’interventions de personnes heureuses de partager leurs succès : faut il y voir là le côté positif de l’Amérique qui encourage la réussite de ceux qui osent essayer ? ou bien l’aspect un peu triste du partage en communauté, faute d’un partage « suffisant » au foyer de chacun ? En tous cas une bonne façon pour connaître les occupations, les préoccupations des uns et des autres.
L’office se termine, les « mariés de la semaine » offrent un kidouch à la communauté. Pendant le kidouch sont allumées les bougies de shabbat. Particularité nouvelle pour nous : une chaîne humaine de partage de hallah : les Américains qui évitent très soigneusement les contacts physiques dans la vie quotidienne font la chaine de la hallah qu’ils s’offrent les uns aux autres.
A noter également une bonne idée dans les siddourim (par ailleurs très proche de ceux du MJ, à moins que ce ne soit l’inverse) : une table des matières spécifique réunit l’ensemble des chants du siddour.
A Los Angeles comme à San Francisco, certains membres ont cherché à faire notre connaissance, disposés à répondre à nos questions, moment de partage et de chaleur en villes inconnues. Ces expériences de visites à des communautés hors de nos frontières sont vraiment des moments privilégiés.

 

 

Francine E.


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