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Voyage d'été des jeunes de 14-17 ans : Israel, Juillet 2011
Trois heures du matin dimanche 10 juillet 2011 à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle : nous nous retrouvons, madrikhim (les monos) et hanikhim (les jeunes, filles et garçons de 14 à 17 ans), pour le départ prévu trois heures plus tard : destination Israël.
Nous ne nous connaissons pas, et pourtant, nous nous apprêtons à passer les prochains 17 jours en permanence les uns avec les autres : nous n’imaginons pas encore la véritable aventure humaine que nous sommes sur le point d’expérimenter. Pour certains, c’est la première fois en Israël, pour d’autres, c’est comme aller dans une deuxième maison. Arrivés en Israël, nous sommes rejoints par les jeunes de la communauté libérale de Genève. Nous sommes tous différents, mais une chose nous unit déjà : notre identité juive. D’ici à la fin du séjour, nous ne ferons plus qu’un !
![]() Le programme prévu ne nous ménage pas et c’est tant mieux ! Arrivés à Haïfa la veille, nous entamons notre première matinée de volontariat civil dans les forêts du mont Carmel, victimes d’un incendie quelques mois plus tôt. Après avoir été sensibilisés aux problèmes de la sécheresse et de l’eau en Israël par un représentant du KKL, nous nous mettons au travail. Avec la chaleur, c’est éprouvant, mais chacun ressent l’importance de cette action de défrichage pour prévenir les incendies. On est fier de participer, on coupe, on ramasse, on fait des tas, c’est un peu brouillon, mais très vite on s’organise. Dès le deuxième jour, à l’initiative d’une des jeunes, nous décidons de former une chaîne humaine du bas de la pente où l’on coupe jusqu’en haut où se trouve le tas de branches sèches. Nous sommes plus rapides et surtout nous coopérons, dans une bonne ambiance, en chantant aussi bien du Gainsbourg que des extraits de la comédie musicale Les Dix Commandements. La quatrième matinée de volontariat terminée, nous partons pour une nuit de camping à Kfar Blum, où nous faisons griller des marshmallows et nous endormons tous ensemble sous une grande tente. Le lendemain matin, nous embarquons à bord de canoës sur le Jourdain : après avoir sagement pagayé pendant quelques mètres, c’est parti pour les abordages, les batailles d’eau et les tentatives pour faire tomber les plus frileux dans la rivière ! Nous sommes encore mouillés lorsque nous retournons au car et prenons la direction de Tel-Aviv ! Juste le temps de nous préparer pour shabbath et nous repartons célébrer l’office et partager un Kiddoush avec la communauté libérale Beth-Daniel de Tel-Aviv. Nous prenons le dîner à l’hôtel et le terminons par le Birkath Hamazone (bénédictions après le repas) dirigé par l’un des jeunes. Le samedi est plus qu’agréable : grasse matinée, plage, foot, soirée dansante organisée chez notre extraordinaire guide Samuel Arnaud Khalfa (« Samarno » pour les intimes), durant laquelle nous découvrons le talent de danseurs incroyables, du rock acrobatique à la chorégraphie complète de Men in Black, avec en prime pizzas, boissons et déguisements… on s’est vraiment éclatés !
![]() Nous partons à présent dans le sud du pays, à Ezouz, pour une excursion de 24 h dans le désert qui, nous ne le savons pas encore, va nous bouleverser. Accueillis dans un campement paradisiaque, nous nous prélassons sur des banquettes et dans des hamacs jusqu’à ce que la chaleur devienne supportable. Nous faisons bien d’en profiter, car vers 17 h, une fois les dromadaires chargés, nous prenons la route : 2 h 30 sans interruption de marche forcée à pied ou à dos de dromadaire. Quand nous nous arrêtons enfin, nous n’avons pas le temps de nous reposer : il faut nous dépêcher de décharger les dromadaires, de dresser le camp, de faire un feu et de préparer le dîner. Tout le monde met la main à la pâte, certains cuisinent, d’autres se chargeront
de la vaisselle. Ce soir-là, nous faisons l’expérience de l’absence de sanitaires, du silence (le vrai), d’un ciel plus étoilé que jamais, d’une nuit à la belle étoile. Au petit matin, nous reprenons notre marche harassante jusqu’à l’heure du déjeuner, et ce n’est qu’après les heures les plus chaudes de la journée que nous rentrons définitivement au camp, épuisés mais ravis. Les jours suivants sont marqués par le panorama époustouflant qu’offre le cratère Makhtesh Ramon, la visite du kibboutz de Ben Gourion (suivie
d’un débat passionnant sur le sionisme animé par notre guide), l’après-midi de détente à la mer Morte (nous rions de nous enduire de boue et de flotter dans l’eau saturée de sel), la randonnée dans les sources d’Ein Guedi et la montée de Massada à l’aube pour assister au lever du soleil. À Massada, après la visite du site, nous nous regroupons un peu à l’écart et récitons un Shema très émouvant dans ce lieu chargé d’histoire et de signification. Le lendemain, nous nous réveillons à Jérusalem, d’attaque pour une journée riche en émotion, puisque nous commençons par nous rendre sur le mont Herzl et au panthéon des grands de la Nation. Nous y discutons de l’action déterminante pour la création puis la survie de l’État d’Israël de personnages tels que Golda Meir, Herzl ou Yitzhak Rabin. Nous nous rendons ensuite à Yad Vashem (lieu de mémoire de la Shoah), dont nous ressortons bouleversés. Pour détendre l’atmosphère, nous allons savourer un felafel au souk de Mahané Yehouda et profitons d’un peu de temps libre. Le soir, nous sommes attendus dans la communauté Kol Haneshama de Jérusalem pour un office de shabbath particulièrement rythmé.
Samedi matin, rabbi Paul, futur rabbin de la communauté de Genève, nous rejoint ; nous nous installons dans un parc pour célébrer un office de shabbath en plein air et commenter la parasha de la semaine. L’après-midi, nous visitons les différents quartiers de la Vieille Ville de Jérusalem, la porte de Jaffa, le cardo romain et le Kotel (le Mur). Après dîner, certains retournent au Kotel pour le voir de nuit, d’autres préfèrent se détendre ou acheter des souvenirs rue Ben Yehouda.
Le lendemain, nous faisons de la luge d’été et profitons de la piscine du kibboutz Shaar Ha Golan, haut perché, qui offre une vue magnifique à quelques dizaines de mètres du Liban. Et le soir, nous nous faisons plaisir avec une croisière disco sur le lac de Tibériade : un bateau rien que pour nous, avec un DJ et la vue sur les lumières de la côte: une soirée de pur délire !
Nous passons nos dernières heures en Israël à Tel-Aviv. Nous visitons notamment le Hall de l’Indépendance, lieu très symbolique, où nous écoutons le discours de David Ben Gourion et la Hatikva très solennellement. C’est la dernière soirée, et nous sommes partagés entre l’envie de profiter de ce moment et le déchirement de devoir nous dire au revoir. Nous nous réunissons une dernière fois pour nous exprimer tour à tour sur le séjour.
Les madrikhim ont distribué à chacun un cahier contenant une photo développée du groupe, pour que tout le monde puisse s’écrire un petit mot. Les souvenirs et les anecdotes ont été nombreux à être rappelés ce soir-là, et beaucoup de ces mots ont commencé par « je n’oublierai jamais… ». Avant tout, ce qui aura rendu ce voyage inoubliable, c’est de l’avoir vécu tous ensemble, c’est l’expérience commune. Moi-même, je n’oublierai sans doute jamais l’ambiance, les délires, les fous-rires, les amitiés, les découvertes, les surprises, l’entraide, la curiosité, les débats et l’unité de ce groupe. Depuis, je me répète, comme on le dit à Pessah : vivement l’an prochain, de nouveau à Jérusalem…
Liora Zarca (madrikha)
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Le programme prévu ne nous ménage pas et c’est tant mieux ! Arrivés à Haïfa la veille, nous entamons notre première matinée de volontariat civil dans les forêts du mont Carmel, victimes d’un incendie quelques mois plus tôt. Après avoir été sensibilisés aux problèmes de la sécheresse et de l’eau en Israël par un représentant du KKL, nous nous mettons au travail. Avec la chaleur, c’est éprouvant, mais chacun ressent l’importance de cette action de défrichage pour prévenir les incendies. On est fier de participer, on coupe, on ramasse, on fait des tas, c’est un peu brouillon, mais très vite on s’organise. Dès le deuxième jour, à l’initiative d’une des jeunes, nous décidons de former une chaîne humaine du bas de la pente où l’on coupe jusqu’en haut où se trouve le tas de branches sèches. Nous sommes plus rapides et surtout nous coopérons, dans une bonne ambiance, en chantant aussi bien du Gainsbourg que des extraits de la comédie musicale Les Dix Commandements. 

de la vaisselle. Ce soir-là, nous faisons l’expérience de l’absence de sanitaires, du silence (le vrai), d’un ciel plus étoilé que jamais, d’une nuit à la belle étoile. Au petit matin, nous reprenons notre marche harassante jusqu’à l’heure du déjeuner, et ce n’est qu’après les heures les plus chaudes de la journée que nous rentrons définitivement au camp, épuisés mais ravis. 
